Pour le premier article de la « WarZone », l’attaque est violente et frontale. Face à Fortnite et sa communauté de 130 millions de joueurs, face au succès du monstre marketing qu’a créé Epic Games, la saturation est proche, voire déjà la. Pour ceux qui auraient vécu sur la planète Mars depuis 2017, Fortnite est un jeu en ligne avec deux modes de jeu principaux. Le mode PVE Fortnite : Sauver le monde (un jeu coopératif de tir et de survie ou vous affrontez des hordes de zombies et défendez des objectifs avec des fortifications) et le mode PVP Fortnite Battle Royale, le free-to-play où 100 joueurs sont parachutés depuis un bus volant sur une carte et s’affrontent pour leur survie sans aucune arme au départ. Vous devez alors « looter » (chercher des armes et bonus sur la carte) et éliminer vos adversaires pour devenir le dernier survivant tel Highlander.

Fortnite : un marketing brillant pour un jeu « gratuit »

Fortnite n’est pas le premier Battle Royale.  En effet, « DZ : King of the Kill« , « Arma III » (2013), H1Z1 (2016) ont été les précurseurs du genre. En 2017, le jeu PlayerUnknown’s Battlegrounds (PUBG) est devenu un premier phénomène mondial avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus, trois mois seulement après sa sortie en mars 2017. Mais avec Fortnite, on est passé au stade supérieur, nettement supérieur. Cela a dépassé le cadre du monde vidéo-ludique et du succès commercial, c’est devenu un phénomène de société.

Dire qu’en 2011, le jeu était timidement présenté et qu’Epic games avait surtout prévu de lancer le mode PVE « Fortnite : Sauver le monde » en priorité. Mais suite au succès de PUBG, le studio américain a vite constaté que l’adaptation en un mode battle royale était à envisager très sérieusement et a ainsi rapidement développé son mode PVP en environ deux mois. En septembre 2017, Epic sort Fortnite Battle Royale en Beta free-to-play (gratuit), le mode sauver le monde étant quant à lui payant. Leur modèle économique est simple : attirer tout type de chaland sur un jeu gratuit, proposer du contenu amusant, peu violent et ouvert à tous (hommes, femmes et enfants).

REALLY ADDICTED ? GIVE ME MY V-BUCKS

Mais aussi et surtout proposer des skins et des personnages chaque jour via des micro-transactions payantes. Vous pouvez donc acheter des V-bucks pour débloquer ces customisations quotidiennes. Avoir le nouveau personnage, le nouveau pack, le nouveau skin est devenu la drogue des joueurs fortnite. Au final d’un jeu gratuit, vous n’aurez jamais autant dépensé d’argent. Le marketing est donc remarquable. Rendre un joueur addict pour le faire dépenser plus alors qu’il croyait avoir un jeu gratuit : c’est digne de Bernard Madoff.

Fortnite : un cancer généralisé.

« Chaque partie est différente. je ne m’ennuie jamais car le jeu évolue constamment avec des mises à jour, des nouveautés hebdomadaires, des modes de jeu temporaires qui donne du contenu constamment. Et puis c’est vrai que la possibilité d’acheter des nouveaux skins est addictif. je pense que cela fonctionne parce-que l’univers est coloré, amusant et donc accessible à tous », explique Thibaut, 23 ans. Il ajoute : « J’ai dépensé plus de 480 euros depuis la sortie du jeu »

Pour rappel, l’argent dépensé dans Fortnite permet d’acquérir de l’argent Virtuel appelé Vbucks. Avec cette monnaie virtuelle, vous pouvez obtenir :

  • Des tenues spécifiques, qui changent l’apparence du personnage, appelées skins,
  • Des danses, utilisées notamment pour célébrer une victoire. (Merci Griezmann).
  • Des pioches
  • Des planeurs
  • Un pass de combat avec des récompenses régulières.

Oui. Cela fonctionne. Tellement bien que certains ont déjà dépensé jusque 2000 euros au total. Une étude a interrogé 1000 américains ayant déclaré présenté Fortnite comme leur jeu principal. Sur ces 1000 interrogés, 70% ont déclaré avoir dépensé en moyenne 85$ sur le jeu. La plupart des joueurs partent du constat qu’ils n’ont rien dépensé au départ. Ils peuvent donc se permettre d’acheter quelques skins ou pass de combats moyennant quelques euros. Cette addiction créée de manière consciente ou inconsciente et qui fait fondre les économies. De l’argent réel transformé en Vbucks qui part aussi vite qu’une élimination au double pompe. En Angleterre, les avocats ont constaté qu’il y avait de plus en de divorces liés à Fortnite … Cela peut prêter à sourire…

Se priver des meilleurs antidotes : chacun est libre.

Vous me direz : chacun est libre de dépenser son temps et son argent comme bon lui semble et vous avez raison. Si cela plaît aux gens de passer à côté d’autres jeux hyper intéressants qui sont sortis depuis 1 an et demi ou qui vont sortir dans les semaines à venir c’est effectivement leur problème. Dépenser des centaines d’euros sur Fortnite et se priver de « Red Dead Redemption 2 », « Hitman 2 », « Battlefield V » ou Assassin’s Creed Odyssey (pour ne citer qu’eux), c’est effectivement un choix.

Youtube et Twitch sont contaminés aussi.

Il serait trop facile de mettre tout le monde dans le même panier. Les influenceurs sur Youtube, Twitch ou Mixer ne sont pas tous à clouer au pilori. Certains aiment jouer à Fortnite et diffuser du contenu de temps en temps pour leurs viewers. Why not ? Au niveau professionnel des stars de Fortnite comme Ninja ou Myth vivent de leur contenu et il s’agit d’un process marketing logique. Pas de souci. Également, les vidéos tutos Fortnite étaient, au départ, intéressants pour aider les débutants.  OK !

Mais le phénomène du jeu étant ce qu’il est, les vidéos putaclic pullulent à foison sur la toile. A tel point que les « vidéos recommandées » par YT donnent la nausée. Je ne parle même pas de « Fortnite : sauver le monde. » Les vidéos « lèche-viewers » du type « Arnaquer un arnaqueur » plaît à une certaine communauté de scammers pré-pubères. Pourquoi cela changerait-il alors que ces youtubers font de l’argent avec du contenu proche du néant ?

 

Vidéos j’arnaque un arnaqueur…

En revanche, quelques irréductibles gaulois résistent encore, comme Sheshounet et sa vidéo coup de gueule ci desssous.

 

 

Éditeurs de jeux FPS : calmez la « dose battle Royale »

Fortnite est une drogue dure. Difficile d’en réchapper pour certains. Bientôt des centres de désintoxication ouvriront dans les 4 coins du monde pour aider les joueurs à s’en sortir. Tel Tabac-info-service, une ligne téléphonique au numéro vert apparaitra sur les écrans de télé et incitera les consommateurs à appeler pour se faire aider. Oui Fortnite est un jeu amusant, casual et mérite une vraie médaille pour son innovation marketing. Bravo à Epic Games d’avoir fait un modèle économique malin et lucratif. Non, nous ne sommes pas désolés de notre prise de position car Fortnite est un jeu potentiellement « nocif ». Nocif pour la création de contenus originaux à venir. La propagation du battle Royale est déjà présente et se déverse sur nos interfaces d’achat : Scum (Survival Zombies), PUBG, Blackout (Black Ops4), Last Man Standing, The culling… Même Minecraft et Battlefield V s’y mettent. Même si jouer à un battle Royale est plaisant, avoir le marché inondé de la sorte : c’est comme ouvrir un Kebab rue de la huchette à Paris : déjà fait . Alors svp nos amis les éditeurs, permettez-nous de rêver à d’autres styles de jeux FPS. En attendant les prochains World War 3, Sandstorm Insurgency ou encore Metro Exodus pour ne citer qu’eux.

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