Electronic Arts et son studio phare Dice ont véritablement mis de côté la scène E-sport depuis plusieurs années sur ses jeux Battlefield. Malgré un énorme pool de joueurs et un potentiel développement encore plus grand, le géant du jeu vidéo ne semble pas avoir la volonté de (re)construire un pont entre ses jeux FPS et le mode compétitif. L’avenir de la légendaire franchise BF passe pourtant peut-être par la.

la fin de l'e-sport sur battlefield

L’histoire d’amour avait bien commencé sur BF2

L’histoire entre l’e-sport et Battlefield a commencé sur BF2. On est alors en 2005 et les compétitions professionnelles en sont au stade du balbutiement. Qui dit début dit forcément quelques difficultés organisationnelles. A l’époque, le principal frein était le nombre de joueurs pour une partie (les teams s’affrontaient en 8v8) et donc l’infrastructure qu’il fallait mettre en place lors d’un événement en LAN. Évidemment, on est bien loin des tournois structurés, des stades pleins et du marketing d’aujourd’hui. Mais la passion et le challenge étaient les poumons qui réunissaient principalement les gamers. C’est ce qui fait aussi et surtout la beauté des débuts, l’émulation de se confronter en compétition officielle.

Battlefield 2
Battlefield 2

Les teams E-sport BF se mettent en place

Petit à petit, « l’oiseau e-sport » a fait son nid. Les choses se sont mises en place avec une structuration progressive marquée par une multiplication des leagues Battlefield 2 et des events recurrents au fil des mois. Imaginez qu’à l’époque (2005), le cashprize total était de 91715 dollars pour 12 tournois annuels… A travers ces compétitions qui se sont déroulées sur la période 2005-2008, les clans Battlefield 2 ont commencé à s’organiser de manière plus professionnelle et stratégique. Ainsi Team9, begrip, lehnitz, mouz, utopianer, kompianet ou encore aAa faisaient partie des teams qui s’affrontaient tout au long de la saison. BF2 avait effectivement emprunté le chemin entrepris par les pionniers de la scène e-sport, le mettant ainsi officiellement dans la cour compétitive mondiale.

Battlefield 3 : un succès populaire idéal

Nul ne peut l’ignorer, BF3 a rencontré un énorme succès auprès de sa fan base dès sa sortie en 2011. Encore aujourd’hui, il reste, et de loin, LA référence pour la majorité des aficionados de la franchise de jeux FPS. Un succès qui a forcément bénéficié à l’expansion de la branche e-sport chez Electronic Arts avec des compétitions organisées dans le monde mais aussi en France où les joueurs compétitifs deviennent de plus en plus nombreux.

Mais aussi des events 100% « tricolores » comme la « Coupe de France Battlefield 3 » dont les dotations étaient évaluées à plus de 15000 euros, dont 5000 euros de cash-prize. Sans oublier, dès 2012, le Championnat de France BF3 qui se découpait en deux phases distinctes. Une partie qualificative en ligne sur le site de l’eSports League puis la Finale à la « Gamers Assembly » le temps d’un week-end. Les matchs se déroulaient sur le bon vieux format 5v5 Infantry. Au total, 16 équipes pouvaient se qualifier : 6 en Ladder, 8 en Cup Premium ELITE et 2 invitées par EA France.

Battlefield 3 : la référence.
Battlefield 3 : la référence.

aAa, G-Buster, Golden Strike, Evokate sur PC. Infamous et Squad Dollar$ sur PS3. MythiX et oZi sur Xbox 360. Autant d’équipes qui se sont affrontées sur les différents events annuels. En marge de ces compétitions, EA annonçait sa volonté de poursuivre son engagement dans l’e-sport. En partenariat avec ESL One, que ce soit sur pc ou consoles, l’éditeur américain planifiait un bel avenir que ce soit sur Battlefield 3 ou sur les opus suivants.

BF4 sur la lancée de son grand frère ?

Comme nous vous le disions précédemment, Battlefield 3 a été un véritable succès populaire et commercial pour Electronic Arts et son studio DICE. En effet, plus de 17 millions de copies ont été vendues à l’époque. Si le concurrent a, quant à lui, écoulé près de 30 millions d’exemplaires de son jeu « Call of Duty Modern Warfare 3 », EA était pleinement satisfait des résultats du fruit de leur travail.

Lorsque BF4 sort fin 2013, la bataille marketing entre Activision (COD) et Electronic Arts (Battlefield) est à son paroxysme. Que ce soit en termes de vente mais aussi d’exposition sur la scène Esport. EA tente tout de même de combler son retard et de réduire l’écart face à son efficace rival. COD incarnant, à l’époque, un véritable phénomène de société issu du secteur du jeu vidéo.

Moins de ventes mais une scène e-sport Battlefield qui monte.

Pour en revenir à Battlefield : si BF4 s’est relativement moins bien vendu que son prédécesseur, cela n’a pas vraiment impacté l’avenir de la franchise, bien au contraire. La « Fan Base » restant très attachée à la série des jeux fps proposée par DICE.

Concernant les compétitions e-sport, EA se montra tout aussi déterminé à proposer des events tout au long de la saison par l’intermédiaire de son partenaire ESL One. Des cashprizes encore plus gros (35000 dollars rien que sur les finales de la « winter season »), 120 000 dollars sur 3 saisons. Mais aussi et surtout des compétitions encore plus disputées mettant en scène des équipes comme Intz (ex dexterity), Infamous, Epsilon, Penta ou Fnatic (pour ne citer qu’elles). Ces teams ont véritablement crevé l’écran entre 2014 et 2016, révélant de grands champions tels que le français Drunkzz3.

E-sport battlefield 4
E-sport sur BF4

Malgré une progression constante à tous les niveaux, Il faut toutefois préciser que l’esport sur BF restait un peu « confidentiel » car encore confiné dans les studios ESL One de Cologne, en Allemagne. Si les finales étaient bien diffusées en live stream via LDLC-pyro, on est encore loin des ambiances électriques d’aujourd’hui. Mais, comme le disait a juste titre Manzoli : « Rome ne s’est pas faite en un jour».

Battlefield Hardline et le début de la fin.

Le spin Off BF Hardline est sorti en 2015 par les studios Visceral Games, qui ont fermé depuis (2017). L’objectif premier d’EA était simple et cohérent : sortir un jeu FPS tous les ans à défaut de tous les 2 ans pour faire face à son grand rival Activision (Call of Duty). Mais aussi, en parallèle, poursuivre sur la scène e-sport via les deux modes compétitifs en 5v5 prévus à cet effet, à savoir : « Sauvetage » (Rescue) et « Contrat »(Crosshair).

Mode Sauvetage BF Hardline
Mode Sauvetage sur Hardline

Malheureusement, BFH va marquer un sérieux coup d’arrêt dans l’approche compétitive d’EA. Le premier souci c’est que Hardline s’est très mal vendu, comparé aux précédents jeux Battlefield. Le public n’a pas vraiment suivi, ou du moins pas très longtemps. Le deuxième problème c’est que la scène esport n’aura pas duré. Si les compétitions ESL ont eu le mérite d’exister sur le mode Rescue en 5v5, une seule saison aura été effective. EA a donc pris une claque face à un échec qu’ils n’avaient pas forcément prévu. La faute au mode de jeu, au jeu en lui même ou à l’éditeur ? Nous vous laissons le soin d’en juger. Ce qui est dommage c’est que les français faisaient partie des meilleurs dans les rares compétitions. (Drunkkz notamment)

Battlefield 1 et Battlefield 5 : Dead End

L’échec de BFH et le retour aux jeux de guerre via Battlefield 1 (2016) et Battlefield 5 (2018) vont siffler la fin de la récré. Electronic Arts a visiblement décidé de laisser tomber (temporairement ?!) la scène E-sport. Après les timides compétitions sur le mode Sauvetage de BF Hardline, nous voici confrontés au mode « incursions 5v5 » de BF1 et BF5. Autant dire que non seulement ce n’est pas adapté à la compétition mais que l’ennui nous guette lorsqu’on y prête un œil. On sent bien qu’un effort limité voire indigent a été produit pour faire illusion sur un mode compétitif indigne de ce nom. Plus de budget alloué à l’esport ou tout simplement un choix délibéré ? L’éditeur américain ne répondra pas à cette question.

EA a lâché l’e-sport : une grave erreur ?

Au delà d’une vitrine, les compétitions e-sport sont véritablement représentatives de la bonne santé d’un jeu vidéo, d’une franchise et d’une communauté. Si, par chance, le jeu que vous sortez est de qualité, cela boostera d’autant plus les ventes auprès de n’importe quel gamer. Le cercle vertueux du marketing et de la visibilité.

Si tous les CALL of Duty n’ont pas été au rendez-vous d’un point de vue qualitatif, Activision n’a jamais lâché la CWL. Pour rappel, le cashprize de la saison en cours est 6 millions de dollars. Qui plus est, Treyarch a sorti un bon COD black ops IIII, boosté par son multi mais aussi et surtout par son Battle Royale (« Blackout ») plutôt réussi. Nous ne parlerons pas ici de Fortnite qui est un cas particulier et dont le modèle économique frôle le génie. Un Battle Royale dont les porte-étendards tels que Ninja ont fait exploser la banque et les budgets de sa scène e-sport. 100 millions de dollars de cashprize, c’est juste incroyable.

Lire aussi : L’échec de BATTLEFIELD 5

Firestorm peut-il réanimer BF5 ?

EA sortira son Battle Royale en mars prochain, soit 4 mois après la sortie de son multi. Battlefield 5 est déjà à l’agonie en terme de ventes, de joueurs et de contenu. Sorti avec un mois de retard, sans Battle Royale immédiat, avec des ventes plus basses que celles du mal-aimé BF Hardline, sans aucun mode compétitif pour l’e-sport… On est en droit de se poser la question : mais que fait Electronic Arts ?

Battle Royale "Firestorm" sur BF5
Battle Royale « Firestorm » sur BF5

Nous pensons que le manque d’investissement dans le domaine compétitif est une grave erreur. La franchise des Battlefield a marqué l’histoire des jeux vidéo FPS, le pool de joueurs est énorme mais EA nous donne l’impression de laisser tomber ou/et de ne pas avoir trouvé la solution, à notre plus grand regret.

Espérons que le Battle Royale : Firestorm de BF5 redonnera un vent de fraîcheur et d’espoir d’abord à tous les gamers. Concernant la scène e-sport, on devra peut-être encore un peu patienter. Mais la très bonne idée serait de mettre ce Battle Royale GRATUIT pour ceux et celles qui n’auraient pas BF5. A voir si Electronic Arts prendra ce pari ou non.

Articles similaires

La fin de l’E-sport sur Battlefield ?
Étiqueté avec :        

RED LION

Un soldat de plus mort au combat. Follow us on twitter @Killstreak00

Laisser un commentaire