Battlefield Hardline est sorti en mars 2015 sur les différentes plateformes de jeu (PC, Xbox et PS4). Édité par Electronic Arts et développé par les Studios Visceral, ce spin off (hors série) de la franchise Battlefield a été boudé, critiqué, voire humilié par une partie de la presse, des influenceurs et de la communauté. Tel le parent pauvre, le petit cousin malade de la famille EA dont personne n’ose dire le nom, on a l’impression qu’il n’a jamais existé dans le paysage des jeux FPS. Retour sur un jeu qui méritait certainement beaucoup mieux.

BFH

Le mode solo de BF Hardline

BF Hardline nous propose une campagne solo de 9 à 10h de jeu avec dix épisodes au total, tous rythmés à la manière d’une série américaine. On note ici la patte créative de Visceral Games dans le montage des scènes (on sent qu’ils ont collaboré avec des scénaristes de cinéma). Concernant l’histoire, on suit les aventures de Nick mendoza – policier cubain – en plein cœur de Miami et de Los Angeles, à travers des épisodes qui vont feront découvrir le terrain de jeu des cartes multi. Visceral reprend les grandes classiques de la lutte anti-drogue avec le thème policiers VS voleurs. On goûte alors aux enquêtes policières, mêlant différents protagonistes avec des scènes de crime que vous devrez investiguer. Un gameplay mêlant infiltration, batailles urbaines et « Bad cops ».

Comme dans tous les « Battlefield », le mode histoire permet surtout de se familiariser avec les mécaniques du jeu, il façonne les premières étapes d’un gameplay à la fois plaisant et ludique, imprimé par une bande son bien choisie. On apprend rapidement à manier les différentes armes du jeu mais on découvre surtout les joies du pistolet Taser, le plaisir de la tyrolienne ou du grappin. Le thème est certes assez classique mais le scénario fonctionne bien et on a plaisir à finir l’aventure jusqu’au bout. Même si la scène finale offre peu de surprises.

Notre opinion sur le mode solo

Si les campagnes solo ne sont pas le cœur des jeux BF, elles ont le mérite d’exister. Difficile de comparer Hardline avec les anciens « battlefield » mais quand même. L’histoire est déjà plus aboutie que celle de son prédécesseur Battlefield 4 dont on avait fait le tour au bout de 6 heures max. La thématique policiers/bandits est sympa, on se laisse prendre au jeu au fur et à mesure des épisodes à la façon « Miami Vice ». En revanche on regrettera que l’IA se montre parfois si naïve voire stupide à certains moments. On peut « jouer des maracas » derrière un suspect sans que ce dernier ne réagisse vraiment. De même, lorsqu’on subit une attaque de criminels, il n’est pas trop compliqué de les maîtriser, même en mode vétéran.

  • Des gadgets ludiques à utiliser (Taser, Tyrolienne, grappin…).
  • Un gameplay immersif qui permet de l’infiltration, des enquêtes et pas seulement du gunfight.
  • Des dialogues travaillés, quelques rebondissements intéressants.
  • La bande son est efficace, elle participe vraiment à l’intensité de l’action et aux épisodes.

  • Des graphismes mal exploités sur le moteur Frosbite 3.
  • Une IA parfois très naïve, un scénario qui aurait pu prendre plus de risques.
  • Un niveau de difficulté un peu bas

Le mode Multi-joueurs de BFH

Le nerf de la guerre, c’est le multi. 90% des joueurs qui aiment Battlefield achètent ses jeux pour en découdre sur le champ de bataille. Pour clarifier notre propos, nous allons citer les critiques les plus lues ou entendues sur les forums, vidéos ou magazines de presse spécialisés – selon le découpage suivant. Thème du jeu, graphismes et développement, modes de jeu, gameplay et contenu.

Le thème du jeu : « pourquoi ne suis-je plus en treillis ? »

Certains joueurs ont rejeté d’entrée la thématique même de Battlefield Hardline. Clamant haut et fort : « Nooon ce n’est pas un Battlefield !!! ». Pour rappel, Electronic Arts propose, par l’intermédiaire de son studio DICE, des jeux sur le thème de la guerre depuis de nombreuses années :

  • Battlefield 1942 (2002), Battlefield 2 (2005), Battlefield Bad Company (2008), Battlefield Bad Company 2 (2010), Battlefield 3 (2011), Battlefield 4 (2013), … oups         (2015), Battlefield 1 (2016), Battlefield V (2018)
BF4 vs BF hardline
De BF4 à Hardline : une transition compliquée.

Notre avis sur ce sujet : EA a pourtant bien précisé qu’il s’agissait d’un hors série. Alors effectivement peut-être auraient pu ne pas l’appeler « Battlefield ». Mais cela change quoi au jeu, à sa qualité potentielle, à son originalité ? Rien. En effet : Exit les chars, les avions de chasses et les combats en treillis militaire. C’était certainement l’occasion d’apporter un vent de fraicheur sur la franchise avec une thématique différente, un studio différent. Les rageux ont boudé ce spin off sans même avoir essayé d’y jouer. Pourtant, on y retrouve les mécaniques d’un BF classique avec des modes de jeu similaires (+ des nouveautés), des véhicules, des fusillades, les 4 classes de combat, dans un contexte moderne.

Néanmoins, on peut comprendre que certains puristes des jeux de guerre ne s’y soient pas retrouvés, surtout après avoir joué sur les précédents BF. De par cette thématique policiers/bandits, EA avait déjà perdu une partie de sa commu traditionnelle. Quand on garde toujours la même thématique : les gens râlent car cela manque de renouveau. Quand on change : les gens râlent car ce n’est pas comme d’habitude…

Selon nous, cela a tout de même permis d’attirer d’autres types de joueurs sur la franchise Battlefield. Des gamers plus casuals qui recherchent un gameplay ludique et original à la fois.

Les graphismes et le développement : peut mieux faire ?

Battlefield Hardline tourne sur le moteur Frosbite 3. Un moteur graphique sur lequel ont été exploité des jeux comme Battlefield 4, « Need for speed : rivals » ou « Star Wars : Battlefront »pour ne citer qu’eux. Pour ce BF Hardline, Electronic Arts avait laissé la direction artistique et le développement à sa filiale Visceral Games. Un studio dont les équipes ont connu le succès avec notamment la trilogie « Dead Space » ou Dante’s inferno et dont les qualités créatives ne sont plus à démontrer. Pourtant certains critiquent la qualité même des graphismes et la mauvaise optimisation : « c’est moche », « les textures sont dégueulasses » … « c’était bien mieux sur Battlefield 4 »

Notre avis sur les différents points énoncés :

  • Force est de constater que les graphismes de BFH sont moins épurés que ceux de BF4, ils sont plus « cartoonesques ». Difficile aussi de passer derrière le grand frère DICE, véritable maître en la matière. De manière générale, le développement est correct mais pas parfait. Si on remarque quelques chutes de frame rates de temps en temps, il est honnête de dir que le netcode nous surprend de temps en temps ! Il arrive que l’on soit » full life » ou qu’on pense être à l’abri derrière un mur et mourir malgré tout. La hit box, quant à elle, est fonctionnelle même si certaines balles nous donne l’impression de « lancer des marshmallows » quand elles ne touchent pas.
  • Il faut toutefois préciser que tous ces points cités plus hauts ne gênent que très peu le bon déroulement des parties. Visceral ayant été fermé il y a un an, aucune maintenance n’a été réalisée depuis un moment. Malheureusement, quelques glitchs subsistent sur des cartes comme Bank Job ou Everglades, ce qui profite à certains petits « malins ».
  • Les cartes : elles sont variées que ce soit dans leur level design, leur structure et leur taille. Chaque carte vous proposera de vous adapter, vous et vos équipements. Vous ne jouerez pas de la même manière sur « Blocks » (Quartiers) que sur « Dustbowl » (désert de poussière). Selon la configuration de la map, vous pourrez opter pour des fusils à pompe ou smg très rapides en close combat, pour des fusils d’assaut, lmg ou fusils de sniper sur la moyenne/longue distance.
  • En revanche, du côté du sound design (super important dans les jeux FPS), c’est un retour très positif. On entend parfaitement bien les bruits de pas autour de nous. Que l’ennemi soit au dessus ou dans la pièce à côté, il est clairement repérable à l’oreille, pour peu que vous y prêtiez attention ou qu’il ne soit pas en mode sniper silencieux. Les bruits de porte, les moteurs rugissants des berlines, les sons découpés des hélicos mais aussi la puissance des armes sont perceptibles. Concernant l’ambiance du jeu : la bande son originale que vous pouvez écouter dans les véhicules ou grâce aux blasters en rajoute à l’esprit gangster. Vous naviguez entre le rock, rap ou l’électro en un changement de fréquence radio.

Gameplay et mécaniques de jeu : 100% adrénaline ?

Chez les joueurs qui critiquent le jeu, ils considèrent le TTK (time to kill) trop rapide (« On meurt trop vite »), le manque d’équilibrage des armes et des parties, les classes de combats qui ne ressemblent plus à celles d’avant…

Notre avis :

  1. Le TTK est rapide sur BFH mais on s’adapte assez bien. Mourir plus vite ? Cela veut dire aussi « tuer plus vite » et enchainer des performances. S’il faut 8 balles pour éliminer un adversaire, autant aller jouer sur The Division ou il vous en faudra parfois 300.
  2. Les classes de combat permettent un gameplay varié. Vous décidez de votre façon de jouer que vous soyez médecin, mécanicien, exécuteur ou sniper. Chaque classe possède des atouts, des gadgets et des armes qui vont influencer la partie. Nous les trouvons équilibrées et toutes intéressantes à jouer, selon l’humeur. Le bouclier de l’exécuteur compense le gilet du mécanicien et le pack de soin du médic. Ces classes sont un logiquement un peu différentes de Battlefield 4 tout simplement parce-que le contexte des conflits est différent avec un gameplay qui se veut plus ludique et moins militaire. Dans un rapport de force policiers/voleurs qui demande des accessoires et des gadgets adaptés.
  3. Concernant l’équilibrage des parties : Visceral s’était efforcé d’équilibrer les équipes à chaque intermède, en prenant compte aussi le fait que vous jouiez en escouade avec vos amis.
  4. Concernant les armes, Visceral nous semble avoir écouté les joueurs afin de rééquilibrer les armes qui paraissaient trop puissantes ou trop faibles selon les cas. Par exemple : Les armes UZI, la K10, M82.416, 300.Knockout… et bien d’autres ont subi des nerfs ou des buffs selon le modèle et le retour des gamers. Si certaines armes étaient vraiment trop puissantes, les développeurs ont su corriger le tir. On trouve néanmoins dommage d’avoir « tué » le 300.Knockout alors qu’il est si pénible à obtenir via son Syndicat. Il nous semblait logique que cet arme qui favorisait les « agressive recons » fassent des One Shots à courte distance.

Visceral a su innover par sa créativité mais pas seulement.

  • Les déplacements de votre agent de police ou de votre bandit se fait de manière fluide et précise. On y retrouve les mêmes sensations que sur Battlefield 3. Vos actions in game auront des conséquences sur vos courses. Lorsque vous portez un RPG sur l’épaule, vous sentez le poids de votre perso s’alourdir quelque peu, vous allez moins vite. Lorsque vous prenez votre arme secondaire en main, vous courez plus vite.
  • Interactions drôles entre les équipiers quand ils sont en danger ou lorsqu’ils profèrent des jurons.
  • Le gunfight est très jouissif. Lorsque vous déclenchez un RPG sur un véhicule, vous ressentez bien la puissance de la roquette qui file entre vos doigts. Idem pour les armes. On fait rapidement la différence entre la puissance d’une LMG de type HCAR face une rapidité d’une SMG de type Scorpion. Ces sensations sont très réalistes in-game.
  • La possibilité de prendre des soins ou munitions sur son coéquipier sans qu’il en propose lui-même est juste géniale ! Un système dont les autres battlefield devraient s’inspirer compte tenu du teamplay en baisse depuis des années.

Le tout participe au FUN de BF Hardline, n’en déplaise à ses détracteurs. L’imagination et la créativité des studios Visceral ont été ici démontrées une nouvelle fois.

Quelques points négatifs néanmoins :

  • Les points de spawn en match à mort sont encore mal gérés par l’algorithme. Vous pouvez donc réapparaitre sur une zone avec des ennemis dans votre dos, qui se font un plaisir de vous tuer en un instant. Visceral l’avait pourtant corrigé mais ce n’est pas encore parfait.
  • Des bugs de saut et de réanimation (qui persistent depuis BF3).
  • Les balles ne traversent pas les murs ou certains éléments du décor.

BFH

Le contenu et les modes de jeu.

Au lancement du jeu en 2015, certains joueurs ont critiqué la faiblesse du pool d’armes et de véhicules de départ. Qui plus est : « le système de progression est nul, on doit gagner de l’argent virtuel pour débloquer des armes et des gadgets ». Également Les tâches Syndicats sont trop difficiles à atteindre »

Notre avis :

  • Les véhicules sont forcément moins nombreux que sur un BF classique car nous ne sommes pas dans une guerre militaire ! Donc moins d’avions de chasse ou de véhicules spécialisés. On s’accommode parfaitement bien du pool de véhicules mis à disposition. On compte tout de même de nombreux engins parmi lesquels : voitures équipées de missile rpg ou stinger (coupés, berlines), motos, hélicoptères de transport ou d’attaque, Blindé (SUV), camion de respawn/recharge munitions… Sans compter les autres véhicules des DLC (camionnettes pick-up etc).
  • Le pool d’armes de base était un peu faiblard il faut le reconnaitre. Ils ont corrigé le tir dans les DLC qui ont suivi. Encore faut il avoir le premium, qui, lui, était payant.
  • Le système de progression est tout d’abord GRATUIT (sauf si vous souhaitez booster votre progression en achetant des packs premium). Vous débloquez vos aptitudes, armes et équipements au fur et à mesure que vous jouez en gagnant de l’argent virtuel. Entre les tâches syndicats, les très nombreux défis proposés, les récompenses et les écussons, vous aviez pourtant de quoi faire pour ceux qui aiment le challenge. Trop difficile disent certains ? Pour un jeu que l’on disait casual…

Des modes de jeu innovants

  • Les modes de jeu : enfin de la nouveauté et de la fraîcheur dans ce domaine. Les modes Sauvetage (Rescue) et, à un degré moindre Contrat (Crosshair) apportent un esprit compétitif à BFH. Aucun respawn possible. Si le mode sauvetage a connu un grand succès, on regrettera toutefois son manque d’exploitation sur la scène e-sport alors que le potentiel était pourtant bien présent. Les modes de jeu Blood Money (argent sale), Heist (Braquage) sont très agréables à jouer. Pas le temps de flâner, vous devez être actif pour aider votre équipe à voler le butin.
  • Si vous possédiez le pass Premium, vous aviez accès aux 4 DLC de saison avec un contenu assez incroyable. Que ce soit au niveau des armes, des maps et des 3 nouveaux modes de jeu, Visceral a fait le job. On retient particulièrement les cartes Musée, Cimetière ou encore Autoroute pacifique qui ont été superbement réalisées.  Malheureusement, tout le monde ne pouvait se payer BFH + premium à 80 euros au départ. Electronic Arts aurait du brader plus vite le pass premium selon nous.

BF Hardline regorge de gadgets tellement ludiques !

  • Des accessoires de déplacement rapide ont été ajoutés au jeu : la tyrolienne et le grappin.
  • Le taser et certaines armes de mêlée permettent d’interroger vos ennemis. Ils seront alors marqués sur la map quelques secondes, ce qui favorise le teamplay.
  • Le sabotage est un atout défensif tellement drôle que vous en priver serait un crime.
  • Des gadgets utiles selon le mode de jeu. Exemple de la caisse de soin sur le mode Hotwire (poursuite infernale) ou vous pouvez soigner le conducteur pendant qu’il conduit (médecin). Ou encore les gants de la classe exécuteur qui permettent de voler l’argent beaucoup plus rapidement. Mais beaucoup d’autres que nous ne pourrons pas tous citer mais qui participaient grandement au FUN de BF Hardline.
  • Enfin, en marge des gadgets, n’oublions le nombre incalculable d’easter eggs présent dans le jeu.

BF HARDLINE : Le sabotage.

Pourtant un excellent démarrage.

Quelques semaines après la sortie de BFH, le directeur financier d’EA affichait une réelle satisfaction concernant les ventes du jeu FPS de la franchise. Info ou intox ? Pourtant le classement de la semaine 12 affichait Hardline en tête sur tous les supports :

  • Top 5 sur consoles (Semaine 12) 2015 : 1- Battlefield Hardline (PS4), 2/ Battlefield Hardline (Xbox One), 3- Final Fantasy Type-0 (PS4), 4- Battlefield Hardline (PS3)…
  • Top 3 sur PC (Semaine 12) 2015 : 1- Battlefield Hardline,  2- Les Sims 4 : Edition Standard, 3- Farming Simulator 2015

Dans les faits, Hardline a réalisé un meilleur démarrage sur les ventes de copies physique que le tout dernier Battlefield V . Même si les joueurs ont pris désormais l’habitude d’acheter de plus en plus en version digitale, c’est tout de même significatif. Un lancement prometteur suivi par des Youtubers français tels que Celeborn ou Nubes Legend mais aussi les internationaux comme : Jackfrags, Mescudi Reid, Stone Mountain ou One Cheesy Mofo pour ne citer qu’eux. Si le jeu a souffert des quelques critiques lors des phases de beta, BFH a connu de belles heures grâce aux streams, aux tutos mais aussi aux vidéos troll. La presse spécialisée, dans son ensemble, avait noté correctement ce spin off de la franchise (6/10 pour Gamekult, 15/20 pour jeuxvideos.com, 7/10 pour gameblog).

Une durée de vie de 2 ans…

Battlefield Hardline n’a pas seulement des détracteurs, bien au contraire. Une vraie famille de gamers s’est créée autour du jeu FPS. La très bonne idée de Visceral est d’avoir conservé les sections personnalisables pouvant intégrer énormément de membres. Pour augmenter la sensation de progression, le mode légendaire a permis aux tryharders d’upgrade leur niveau jusque 15 levels supplémentaires. Le jeu a vécu très correctement pendant 2 ans, avec des mises à jour, des DLC, du contenu additionnel, des serveurs remplis, notamment le soir et les week-ends. L’autre très bonne inspiration est d’avoir ouvert la possibilité de créer des serveurs privés, totalement configurables. La communauté a pu ainsi se livrer aux joies des parties personnalisées entre amis, contre des clans adverses. Mais cela n’a pas suffi.

EA le laisse gentiment mourir.

Alors pourquoi BF Hardline s’est il effondré ? Selon nous, il y a deux réponses majeures à cette question.

  1. La sortie très attendue de Battlefield 1 (2016) sur le nouveau moteur Frosbite 4. Un nouvel opus qui renouait avec les jeux de guerre et qui devait réconcilier les amateurs du genre. La communication avait été largement boostée par Electronic Arts pour ramener son pool de vétérans sur ses champs de bataille.
  2. La fermeture brutale des Studios Visceral en octobre 2017 a porté le coup de grâce à BFH. Le studio a payé la note pour différentes raisons sur lesquelles nous ne reviendrons pas ici. Les conséquences ont été directes : plus de maintenance, de mises à jour ni de ressources humaines à disposition, que ce soit dans la communication ou le support technique. Bref, le fin fonds du néant du jour au lendemain. On a d’ailleurs ressenti que le sujet était devenu brûlant voire tabou dans les travées du géant EA. Un vrai silence radio. Du côté des joueurs, ils ont vite compris que Battlefield Hardline était doucement mais sûrement en train de mourir.

Quelques rares streamers ont continué à diffuser du contenu sur le jeu mais BF1 a vite remplacé les listes de suggestion sur YouTube notamment. Certaines escouades continuent de jouer sur les quelques serveurs encore actifs en ligne. Mais le jeu est clairement à l’agonie depuis plusieurs mois. Il aurait été cohérent que les décideurs aient proposé la gratuité des DLC depuis plusieurs mois. Mais encore une fois, aucune réponse de leur part malgré de nombreuses demandes des joueurs. Cela confirme bien la volonté de l’éditeur américain de laisser le jeu mourir de lui-même. Pourtant les DLC proposent une vraie richesse de contenu, notamment au niveau des maps. Pourtant, une communauté subsiste sur Hardline.

BF Hardline à l'agonie
BF Hardline à l’agonie…

L’avis tranché du Vétéran BF Celeborn

Le Youtuber Celeborn nous donne son avis sur BFH, qui, sur plusieurs points, contre-balance avec notre ressenti. Et c’est tant mieux.

Celeborn

Tu as fait pas mal de vidéos sur BF hardline sur ta chaine YT. Qu’en as-tu pensé avec le recul ?

Honnêtement j’ai bien aimé Hardline. L’aspect flics vs. voleurs ne me dérangeait pas. Étant un joueur 100% infanterie, l’absence de véhicules ne me dérangeait pas non plus. Le gunplay correspondait à ce qu’on pouvait trouver sur les opus précédents, mais je comprends que beaucoup n’aient pas apprécié le jeu. C’était un pari osé de la part d’EA qui n’a pas fonctionné selon moi. Je pense qu’ils ont voulu faire comme Call Of en lançant une nouvelle série alternative, un peu comme les séries Modern Warfare et Black Ops. C’est raté.

La communauté est un peu schizophrène sur ce jeu. Une partie le déteste parce que ce n’est pas un « vrai BF » (militaire), l’autre partie l’adore pour sa fraîcheur & son gameplay très nerveux, comment l’analyses-tu ?

Hardline était un jeu qui a beaucoup plus fédéré sur console que sur PC. A l’époque de sa sortie, c’était le seul FPS correct avec Call of sur les consoles next gen, ce qui explique en partie les avis tranchés sur le jeu. D’ailleurs, tous les nouveaux YouTubers Battlefield qui ont percé en se lançant sur BFH étaient des joueurs console. Globalement, les joueurs PC n’ont pas trop kiffé le jeu.

Au final, était-ce un mauvais jeu ?

Pas vraiment, c’est juste que selon moi il n’était pas très sexy. Il avait le cul entre deux chaises : il s’appelle Battlefield mais sans l’ADN Battlefield. Pas de grandes maps, pas de véhicules, des modes de jeux originaux. Et globalement c’était un jeu qui ne donnait pas envie de grind, et dont le contenu était finalement assez limité. C’est un peu comme Titanfall : pas un mauvais jeu, mais pas vendeur.

Le mode rescue était prédestiné à la scène compétitive. Y a-t-il un souci d’incompatibilité entre les jeux Battlefield et l’e-sport selon toi ?

Le mode rescue n’était pas du tout fait pour l’esport selon moi. J’ai casté la DH Tours en 2015, c’était très fun mais malgré des joueurs de la scène compétitive depuis BC2/BF3 on savait que ça n’allait pas durer. Finalement, et ça se vérifie encore avec BF1 et BFV, EA n’a pas de volonté de push l’eSport sur Battlefield. Je pense qu’il existe chez DICE et EA des personnes qui souhaiteraient développer cet aspect de la licence, en témoignent le mode Rescue sur BFH ou Incursions sur BF1, mais ils sont trop isolés. C’est dommage…

Pour retrouver Celeborn sur >> Youtube et Twitter


L’avis de Killstreak.

Vous l’aurez compris, BFH n’aura jamais fait l’unanimité dans la communauté des joueurs de la franchise Battlefield. Considéré par certains comme le renégat, par d’autres comme un opus fun et original, Hardline aura eu le mérite d’exister comme un spin off à part entière. De notre côté, certains membres de la team ont usé ce FPS jusque la culotte, entre des parties folles de Hotwire parsemées de C4, des conquêtes épiques en équipe, des affrontements tendus sur le mode sauvetage et j’en passe. Nous gardons un excellent ressenti global sur cet opus. BF Hardline n’était pas parfait, loin de la, mais la quantité d’heures passées dessus résume à elle seule le plaisir que l’on a pris. Par ailleurs, EA ne devrait surtout pas oublier que ses clients ont aussi acheté Hardline, que la communauté existe toujours et qu’elle attend un retour de communication à certains égards.

Le jeu, au global, est noté 16/20 par notre équipe.


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